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22 Mar 19 | News

Le développement spatial du pays, un enjeu de taille !

Depuis 2010, la croissance démographique relative du Luxembourg est la plus forte d'Europe, ce qui génère d'importants défis pour le territoire

Cet article résulte des travaux de l’Observatoire du développement spatial réalisés par le Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (LISER) et financés par le Département de l’Aménagement du territoire du Ministère du Développement durable et des Infrastructures.

La croissance démographique du pays
Depuis 2010, aucun pays d’Europe n’a connu une croissance démographique relative aussi rapide que celle du Grand-Duché, avec 88 000 nouveaux habitants en 7 ans. Cette croissance, qui résulte essentiellement de l’immigration, traduit la formidable attractivité économique du pays, avec son marché de l’emploi extrêmement dynamique. Mais au-delà de ce premier constat plutôt flatteur, cette croissance occasionne de nombreux défis pour l’espace et pour la société, et il importe d’y apporter des réponses appropriées en matière d’aménagement du territoire.

Un emballement du développement spatial difficile à réguler 
L’aménagement du territoire n’est pas une discipline exacte produisant des actions ayant des conséquences toujours précisément prévisibles.

Au Luxembourg, et dans le contexte actuel de refonte du Programme Directeur d’Aménagement du Territoire, il s’agit plutôt d’une démarche politique qui s’évertue à construire et à soutenir une vision, collectivement partagée, du développement spatial souhaité pour un territoire.

Depuis la précédente étude générale réalisée par l’Observatoire en 2008, le pays a continué à se développer à un rythme effréné en dépassant les projections, ce qui révèle qu’il a su garder son caractère hautement attractif, autant pour les nouveaux résidents que pour les travailleurs frontaliers. Mais compte-tenu de la vitesse du développement spatial, la plupart des problématiques soulevées restent valides et se sont même aggravées. La congestion des axes routiers s’est globalement accrue (sauf sur certains tronçons entre le Nord du pays et la capitale, grâce à la finalisation de l’autoroute A7), les prix fonciers et immobiliers se sont envolés et enfin l’étalement urbain touche à peu près l’ensemble du pays et fragmente encore davantage les paysages.

Mais également des points positifs à mettre en avant 
Tout d’abord, la progression des surfaces urbanisées s’est stabilisée et s’est même légèrement infléchie, ce qui montre que lorsque des espaces agricoles ou forestiers sont convertis en espaces urbains, c’est avec une plus grande densité de construction. Cette densification est nécessaire pour préserver le sol, qui est une ressource rare et non renouvelable.

En matière de mobilité, la mise en place du tramway et la création de l’arrêt Pfaffenthal-Kirchberg permettent d’améliorer la mobilité en transports en commun et l’accessibilité à la capitale, même s’il est encore trop tôt pour en identifier précisément les effets.

En ce qui concerne l’organisation du territoire et de ses centralités urbaines, la capitale a retrouvé un dynamisme démographique qui lui a longtemps fait défaut, avec 30 000 nouveaux habitants entre 2007 et 2017. Cela lui permet d’affirmer son rang de capitale européenne. En parallèle, Esch-sur-Alzette, avec le développement du site de Belval, semble avoir entamé son renouveau et a renforcé son rang de second centre urbain du pays.

Enfin, la liste des espaces naturels bénéficiant de statuts de protection a très fortement augmenté, ce qui traduit la prise de conscience de l’urgence qu’il y a à sauver notre patrimoine naturel.

Pour plus de détails :
Le rapport complet peut être consulté sur le site du Département de l’aménagement du territoire du Ministère du Développement durable et des Infrastructures.

Article rédigé par le LISER, paru dans Femmes Magazine, édition février 2019